L'Epopée Portablesque...
Cette semaine j’ai vécu une véritable épopée relevant du miracle pour s’être bien achevée...
Ce fut une sorte de quête du Graal des temps modernes : l’étrangère à Séoul partie en quête d’un téléphone portable...
Il était une fois, mardi soir dernier, un coréen, Nioc-Min, qui propose à son protégé étranger, le Jarrett canadien, de partir à la recherche d’un portable, objet fantastique et indispensable aux yeux des coréens soucieux d’avoir une vie sociale digne de ce nom.
C’est alors que la française entre en scène car elle aussi a très envie d’acquérir le précieux objet. Ils se mettent donc en route tous les trois dans Séoul à la recherche du portable idéal donc bon marché !
Nioc-Min met cependant en garde la française : « Attention Française ! Tu auras sûrement besoin de liquide pour payer le portable et tout ce qui s’en suit ! »
Ils s’arrêtent donc dans trois banques différentes qui refusent successivement la carte bleue de la Française pour cause de nationalisme exacerbé : les banques coréennes n’acceptent que les cartes coréennes !
Soit, peut être que le magasin de portables acceptera la carte bleue en question…
Que Nenni ! Ce serait bien trop facile !
Une fois arrivé dans le magasin recommandé par Nioc-Min, celui-ci confirme à la Française que « sans cash, pas de portable ! »
C’est donc avec courage que la Française ravale sa tristesse en vue d’une nouvelle et prochaine tentative tandis que Jarrett acquiert sans difficulté son précieux objet…
Il était une fois, de nouveau, jeudi soir dernier, une Française, votre servitrice, et son amie coréenne, Min Ryoungh (la secte… vous vous rappelez ?). Les deux amies se sont donc mises de nouveau en route à la recherche du portable des rêves de la Française. Min Ryough est enthousiaste : elle connaît une compagnie bien moins chère que celle ou Jarret a acquis son portable. Nous nous rendons donc dans un des magasins de cette compagnie et nous tombons sur un vendeur d’humeur jovial, très commerçant qui débute un palabre de 30 minutes en coréen avec Min Ryoungh pendant que la Française tente désespérément de comprendre quelques mots. Or ce n’est pas chose aisée quand la langue n’est pas d’origine latine…
Bref, au terme de ce palabre, Min Ryoungh traduit simplement qu’il faut que la Française montre sa carte de crédit. Elle s’exécute en précisant bien que elle est blindée à mort de cash
(fûtée, la Française avait pris ses précautions !), qu’il est hors de question que l’on prélève quoi que ce soit sur le compte en banque français (pour cause de commissions excessives…) et qu’elle a d’hors et déjà un compte coréen qui sera sous peu approvisionné…
Après cinq minutes d’un mélange d’hilarité et d’admiration des vendeurs face à la carte (cela donnait à peu près ça : « BNP Palibas, BNP Palibas, BNP Palibas !!!! Palis, Palis, Palis, Mouahahahahaha !!! »), la Française leur tend sa carte coréenne et là, nouveau problème : ce n’est pas une carte de crédit et dans le contrat le propriétaire doit enregistrer son nom et son numéro de carte de crédit.
A nouveau problème, nouveau palabre en coréen pour qu’on explique à la Française, 30 minutes plus tard, que son « niveau d’immigration » ne lui permet pas d’avoir une carte de crédit en Corée et qu’il faut donc que l’on enregistre son portable sous le nom d’un coréen.
Min-Ryough réfléchit, se tâte, tente d’appeler ses parents qui ne répondent pas et, finalement, se dit que cela ne devrait pas poser de problème.
Débute alors la phase « paperasse » avec l’enregistrement des noms et identités des deux protagonistes, le choix du forfait qui lui vaudra un troisième palabre en coréen, le paiement en cash, le choix du portable (déjà plus sympa !)…
Tout ça pour que la Française s’entende dire : « Il faut que tu reviennes chercher ton portable demain. » Pour une raison qu’elle ignore encore car l’ami Jarrett, lui, avait pu tout avoir tout de suite…
La Française s’en retourne donc dans ses pénates avec l’idée que, « normalement », la quête devrait bien s’achever le lendemain…
Mais normalement n’est pas coréen ! Héhé !
En effet, le lendemain matin, c’est le drame : la Française découvre en ouvrant son ordinateur, un mail catastrophé de Min-Ryoungh lui expliquant que ses parents lui interdisent formellement d’enregistrer quoi que ce soit en son nom. Il faut donc tout annuler !
La ligne officielle du parti, rapportée par Min-Ryoungh, est qu’elle n’a jamais rien enregistré en son nom propre donc qu’elle ne doit pas commencer cela pour quelqu'un d’autre.
La Française comprend donc à demi-mot qu’il s’agit de sa première confrontation au racisme car les parents de la jeune coréenne ont sûrement peur qu’elle ne paie pas et, de surcroît, qu’il va falloir trouver un compagnon de quête (les hommes ayant plus de liberté en Corée…) et non plus une compagne pour que l’histoire ne se répète pas une seconde fois…
Le vendeur promet cependant de faire bénéficier la Française des mêmes conditions avantageuses la fois prochaine avec son nouvel ami coréen…
La Française a donc encore une fois du faire face à une déception et surtout à un peur en vue de l’aventure qui l’attendait le vendredi soir : trouver le lieu d’un baby-sitting dans un quartier où les rues n’ont pas de nom et sans portable !
Il était la troisième fois, une fois n’étant pas coutume, la même Française et son ami coréen, Min-Jun, un samedi après-midi dans les rues de Séoul à la recherche du Saint Graal.
La Française conduit donc son nouveau compagnon de quête dans le même magasin que la dernière fois. Le vendeur la reconnaît aussitôt (Pensez, une occidentale et une parisienne, en plus, dans un tel endroit, ça ne s’oublie pas comme ça !) et entame immédiatement un de ces palabres en coréen dont il a le secret avec l’ami Min-Jun. Résultat des courses : depuis l’avant-veille, le prix a augmenté de 30 000 wons. Envolez les belles promesses !
Face à ce « foutage de gueule » manifeste (désolé, le langage épique ne possède pas de tradution pour une telle attitude) Min-Jun m’emmène dans son quartier, Yongsam, réputé pour tout ce qui est électronique, communication, multimédia…
Trente minutes de métro, une leçon de français et de coréen plus tard (Min-Jun a testé mes capacité de lecture en coréen, très au point, et moi je lui ai fait répété l’alphabet!), les voilà au pays du dvd piraté à bas prix, des ordinateurs portables à des prix défiant toute concurrence et bientôt dans une rue souterraine dédié au Saint Graal, à l’objet de tous leurs désirs, le portable !


Les deux compagnons s’arrêtent donc dans plusieurs magasins et de palabre en palabre nous avons fini par trouver, tout au bout de la rue, le bonheur de la Française !
A à peine 70 000 wons (alors qu’au départ le prix était de 200 000 wons, ça fait une petite différence), elle a pu acquérir un sublime petit portable rouge avec photo, visio, MP3, ...
Il a quand même fallu attendre une bonne heure, le temps de l’enregistrement, et le cœur de la Française a bondi bien des fois en voyant le regard suspicieux du vendeur sur sa carte d’immigration et sur les papiers de son compte en banque coréen...


Finalement, l’aventure s’est très bien achevée par la dégustation d’un Samkyopsal, barbecue coréen, délicieux, dans Gangnam, un quartier branché de Séoul.

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