Seollal en famille, à Daejeon!
Du 6 au 8 février se sont déroulées en Corée les fêtes de Seollal, le nouvel an lunaire ou nouvel an chinois sauce coréenne. Pour l’occasion, j’ai eu l’immense honneur d’être invitée par ceux que je considère comme ma famille coréenne (les gens chez qui je donne des cours de français à la fille cadette pour ceux qui aurait oublié cette part importante de ma vie en Corée) chez les grands-parents paternels, à Daejeon.
Traditionnellement on rend d’abord visite à la famille paternelle puis à la famille maternelle car en Corée lors du mariage la femme quitte sa famille d’origine pour intégrer la famille du mari, celle qui compte le plus, d’où les histoires de préférence des garçons car c’est eux qui perpétuent les rites de Seollal…
Seollal, c’est avant tout l’occasion d’honorer les ancêtres et de se réunir en famille pour un très bon repas (comme vous allez le constater) en leur mémoire.
Je me suis donc rendue à Daejeon, où j’ai vraiment passé 2 jours fantastiques, complètement intégrée à cette grande et chaleureuse famille coréenne et particulièrement à la ribambelle de cousins.
De gauche à droite: Young-A (ma petite élève), Kyoung-A (sa soeur), Min-Hyu, sa soeur Min-Jeong et moi.

De gauche à droite: Young-A (ma petite élève), Kyoung-A (sa soeur), Min-Hyu, sa soeur Min-Jeong et moi.

Voici la petite cousine Chi-Hon, trop chouchoute!

Et voici Daejeon, une petite bourgade aussi grande que Paris intra-muros, pas tellement dépaysante par rapport à Séoul avec ces Paris Baguette et ses grands buildings en haut desquels on peut trouver des églises…


Et voici Daejeon, une petite bourgade aussi grande que Paris intra-muros, pas tellement dépaysante par rapport à Séoul avec ces Paris Baguette et ses grands buildings en haut desquels on peut trouver des églises…

Le premier jour fut d’abord celui des préparatifs pour le lendemain ce qui signifie femmes à la cuisine, hommes et enfants devant la télé ! J’ai tenté de me rendre utile autant que faire se peut car la grand- mère, une petite femme très dynamique et qui sait ce qu’elle veut, avait décidé que j’étais l’invitée et que je ne devais rien faire !
Des amies et des parentes plus ou moins proches étaient toutes présentes pour la préparation des nombreux petits mets : au programme beaucoup de différentes sortes de raviolis fris, des gâteaux de riz sous toutes leurs formes et même en soupe et beaucoup de fruits !


Misun, la maman de ma petite élève, au travail!

Plein de bonnes choses fries!

Les ingrédients du bibimbap maison:

Plein de bonnes choses fries!

Les ingrédients du bibimbap maison:
Le midi nous nous sommes régalés d’un délicieux bibimbap puis j’ai suivi les hommes et les enfants au cimetière, situé à flan de colline, afin d’honorer les morts sur le lieu de leur dernière demeure.
Il faut avouer qu’ils ont une belle vue ces morts !
Les tombes sont celles des parents du grand-père et comme vous pouvez le constater elles sont bien différentes de nos tombes françaises. Un socle de marbre est recouvert d’une sorte de meule de paille et à côté un monument se dresse en l’honneur des personnes décédées.
Les hommes de la famille préparent l’autel avec les multiples offrandes et étendent une couverture devant les tombes pour procéder au « chol », les inclinations. Deux sont de rigueur pour les morts, une pour les vivants.


Après le cimetière nous avons rejoint l’appartement cosy des grands-parents ou j’ai découverts le jeu du omok, sorte de puissance 5 sur table, avec le petit cousin, une vraie terreur en la matière !
Puis nous nous sommes rendus dans un grand restaurant chinois ou nous avons (encore) très très bien mangé et ou j’ai pu pratiqué mon coréen et mon anglais. Je dois avouer que niveau coréen c’était génial, j’en ai appris plus qu’en 5 mois de cours !


Au cours du diner la petite cousine a reçu des cadeaux du grand père pour la récompenser du prix qu'elle a obtenu lors d'un concours de piano quelques jours auparavant.
Puis nous avons fini la soirée au cinéma ou pour me faire plaisir, ma famille coréenne a choisi d’aller voir « La guerre de Charlie Wilson », le seul film en anglais du moment, ce que je regrette car c’était une daube hollywoodienne monumentale ou Tom Hanks version vieux beauf américain libidineux est extrêmement décevant… Bref, je m’arrête là car ce film mérite bien moins d’une ligne sur ce blog.
Le lendemain, après de nouveaux préparatifs en cuisine, a eu lieu un nouveau rituel d’hommage aux ancêtres. Dans le salon, les mets suivant un ordre bien précis ont été disposés ainsi qu’une petite table avec de l’encens pour les appeler. Puis toute la famille s’est inclinée deux fois comme au cimetière.
Sur la table vous pouvez voir la photo de l’arrière grand-mère et sur le paravent un papier avec le nom de l’arrière grand-père décédé très jeune et n’ayant donc pas pu être pris en photo avant.



Après on attend cinq minutes histoire de laisser les morts déguster ce repas tranquillement et puis a lieu le rituel de respect au grands-parents et parents, le sebae. Les plus jeunes s’inclinent donc devant les plus vieux une fois (surtout pas deux !) puis ces derniers leur remette de l’argent et leur donne des conseils et leur souhaite tous les meilleurs vœux pour la nouvelle année.

Je me suis inclinée de même, après tout le monde et les grands-parents m’ont souhaité un très bon séjour en Corée, d’avoir une vie heureuse et j’ai même eu droit à de l’argent (et pas qu’un peu !) comme tous les autres enfants et petits enfants!
J’ai donc été très bien intégrée, comme vous pouvez le constater.
Après la cérémonie, ce fut au tour des vivants de profiter de cet excellent repas et surtout du « toko », la soupe de gateaux de riz qui fait prendre un an à chacun. J’ai donc officiellement 23 ans en Corée (21 en France car je suis née en fin d’année…), le seul pays au monde, il me semble, ou quand un enfant naît, on lui donne déjà un an d’où le petit décalage.
Suite au long et bon repas de famille, aussi long et bon repas que ce doit d’être un repas de famille digne de ce nom, nous avons tout rangé et je me suis rendue avec une partie de la petite famille au Onchon (désolée en cas de faute, je ne suis pas sûre de l’orthographe), un bain public très célèbre car Daejeon est réputé pour ses sources thermales.
Il s’agit d’un petit jimjilbang plus petit, plus intime, sans la salle commune hommes/femmes en pyjama, ou se trouvait trois bain différents : un à 40° aromatisé au « suk » une plante médicinale qui sent très bon, un autre à 42-43° difficilement supportable et un dernier froid mais pas trop, bien agréable après le sauna à 80°.
Voici une des rares photo, la seule très certainement, de moi entourée des trois cousines dans un bain public.
Puis le soir venu, nous avons regagné l’appartement et après un très bon galbi (barbecue coréen mais cette fois avec de la viande de steak, très bonne) nous avons enchaîné trois parties de yuk, un jeu typique de Seollal. On forme deux équipes, les blancs et les noirs, et chaque membre lance à tour de rôle des bâtonnets et suivant le nombre d’entre eux qui se retournent on peut avancer les pions sur la table de jeu. L’équipe qui gagne est celle qui a fait parvenir sans encombre tout ces pions jusqu’à la case finale sans trop se les faire manger par l’équipe adverse qui si le peut si un de ses pions arrivent sur la même case.




Je reviens donc enchantée de ce séjour « en immersion totale » dans une adorable famille coréenne qui m’a traité comme une princesse et un membre à part entière du « clan. »
Je garderai toujours en mémoire leurs sourires, leur gentillesse, les conversations trilingues (anglais-français-coréens) avec les cousins, leur compliment sur mon « petit visage », la petite voix de bébé et les grosses joues craquantes de la petite cousine, l’énergie de la grand-mère qui m’a serrée dans ses bras avant de partir en m’appelant « my granddaughter », la bonne humeur du grand-père qui m’encourageait à prendre toutes les photos que je voulais et même plus et la joie de vivre de Kyoung-A, la grande sœur, et de Young-A, ma petite élève, qui s’est enfin décidé à me tutoyer… Victoire !
Le mot de la fin : Sae hae bok mani padesseyo (bonne année) à tous !
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