A bas le boeuf américain!
Il y a une semaine environ, notre prof de politique et société se tourne vers et nous demande : « Are you familiar with strike in your country ? » Histoire sans parole, regard et sourire échangés avec Flavie…
Depuis quelques mois, une nouvelle fait grand bruit dans les médias coréens : des cas de vache folle auraient été détectés aux Etats-Unis. Or, le KORUS, traité de libre-échange entre la Corée et les Etats-Unis, signé à la vite, prévoit un import de bœuf américain sans restriction aucune. Or, les Etats-Unis écoulent en Corée, toutes les parties du bœuf qu’ils ne mangent pas et qui sont beaucoup utilisés dans la cuisine coréenne comme pour la préparation du solangtang « soupe aux os bouillis » (ça ne met pas beaucoup en appétit dit comme ça, mais je vous assure que c’est délicieux) ou le traditionnel samkyopsal, barbecue coréen nécessitant une partie très grasse du bœuf.
L’âge des animaux ne fait pas non plus partie des préoccupations du traité. Ce qui amplifie le mécontentement des Coréens car à partir de 30 mois, les risques de vache-folle seraient plus importants. Aux faits scientifiques ce sont ajoutés les inévitables rumeurs : les Coréens seraient plus susceptibles de contracter la vache-folle pour des raisons génétiques…
Résultat : panique générale et, depuis quelques semaines, manifs à répétition. On n’avait pas vu ça depuis le 10 juin 1987, jour de mobilisation populaire historique en faveur de la démocratie (14 juillet coréen)! En l’honneur de l’anniversaire de ce grand jour, un rassemblement extraordinaire s’est tenu hier en plein cœur de Séoul, à Sejongro. On a dénombré plus de 80 000 manifestants !

Le gouvernement récemment élu de Lee Myung Bak tremble à présent et au moins dix têtes de ministres devraient tomber dans les prochains jours. Affaire à suivre…
Sinon, j’ai rencontré ma future filleule coréenne. En effet, deux autochtones du pays du matin calme se joindront à nous à Rennes dès septembre prochain ! A propos des manifs, elle m’a fait part de sa déception de ne pas pouvoir s’y rendre à cause des révisions de partiels. Je lui ai assuré qu’elle aura bien des occasions de se rattraper en France, l’an prochain…