Récit d'un séjour au temple bouddhiste Mu Sang Sa...

Je l’ai fait ! J’ai partagé pendant deux jours la vie de moines bouddhistes de tous horizons : Corée, Chine, Etats-Unis, République Tchèque, Pologne et même… France !
Ce week-end, je me suis rendue au temple de Mu Sang Sa située dans les montagnes bordant la petite ville de Gyeryong à deux heures de Séoul.
Un temple atypique car composé essentiellement de moines et nonnes étrangers mais respectueux de la philosophie du bouddhisme zen coréen, différent du bouddhisme tibétain par exemple.
Une petite présentation des lieux tout d’abord :
Dans ce premier bâtiment se situait notre chambre et la salle des repas où nous nous sommes régalés ! Le cosmopolitisme a du bon : agrémenter la mixture à base de riz sans goût qui constitue le petit déjeuner des moines avec du peanut butter en est un bon exemple !


Dans se second bâtiment se trouvait la salle de méditation et celle de où l’on pouvait prendre un thé et lire des livres sur le bouddhisme mais aussi le times!




Et le meilleur pour la fin, le buddha hall, bâtiment somptueux à l’extérieur comme à l’intérieur, réservé aux grandes cérémonies comme les chants du matin et du soir ou celle de l’offrande de riz.











Près du buddha hall se situait un petit sanctuaire destiné aux cérémonies shamanistes et consacré à l'esprit de la montagne.

Nous sommes donc arrivées dans ce lieu splendide samedi midi après nous être faites guider par un grand-père coréen adorable, retraité de l’US Army, donc parlant très bien anglais et ravi de pouvoir converser avec deux françaises.
Comme il était un peu tôt, nous sommes allées faire une marche en montagne, après avoir revêtu l’habit monastique, aux alentours du temple pour admirer les belles couleurs d’automne puis nous avons partagé un premier repas, le dîner (à 16h30 !), avec les moines.
Après nous avons eu un rapide briefing avec le « head monk » (moine chef en français ?) à propos de la méditation et des 108 inclinations que nous allions devoir pratique dans la soirée et le lendemain matin.
Nous y avons rencontrer les autres civils qui ont partagé avec nous cette expérience unique : cinq jeunes prof d’anglais répartis dans des petites villes du sud d’origines britanniques, canadiennes et néo-zélandaises.
Le head monk, d’origine américaine, les a mis en garde car il est arrivé en Corée il y a dix ans avec un contrat de professeur d’anglais d’un an et n’en est jamais reparti depuis…
Nous nous sommes très bien entendus, c’était un plaisir de vivre ces deux jours avec eux.


Pour pratiquer la méditation, il faut choisir la position qui nous convient le mieux : assis en tailleur avec éventuellement le pied gauche sur le genou droit ou à la japonaise sur les genoux.
Ce choix est déterminant car il faut tenir la position pendant… 40 minutes !
Au bout de 20 minutes, on a même le droit de se faire battre par le head monk qui se lève et passe derrière chacun avec un grand bâton en bois. Il suffit de joindre les mains paume contre paume pour lui faire comprendre qu’il peut nous donner ces deux coups de chaque côté de la colonne vertébrale. Cela fait vraiment du bien et s’apparente plutôt à un massage qu’à des coups pour relâcher les tensions.
Le but de la médiation est la relaxation et la découverte de son soi véritable. Pour cela il faut se concentrer sur sa respiration et chasser toute pensée.
Les inclinations se déroulent en trois étapes dont voici la description en image : on s’incline debout, puis sur le tapis, on retourne les paumes puis on se met à genoux et se relève sans mettre les mains à terre.
Et pourquoi 108 me direz-vous ? Car ce chiffre symbolise l’infini pour les bouddhistes.




Suite au briefing nous nous sommes rendus dans la salle du bouddha pour les chants du soir, en anglais et coréen, litanies magnifiques au rythme du gong et de percussions en bois dont j’ignore le nom.


S‘en est suivi une première séance de méditation et puis au lit à 21h00 !
Et pour cause : le lendemain matin levée à 3h00 pour les 108 inclinations (j’avoue n’en avoir effectué qu’une vingtaine !), les chants du matins, une deuxième séance de méditation et le travail communautaire (j’ai nettoyé la sale de méditation avec deux nonnes dont une française !).
Après le déjeuner et une réunion de toute la communauté au cours de laquelle chacun a du se présenter, nous avons regardé une vidéo sur l’enseignement à l’étranger du maître fondateur du temple décédé trois ans plutôt. Quand ce fut le tour de la France, on a eu droit aux habituels clichés de la tour Eiffel, de Pigalle sur fond d’une petite musique à l’accordéon…
La vidéo datait des années 80, quand le bouddhisme avait le vent en poupe en Europe…
Voici le portrait du Soen Sa Nim, le grand maître fondateur de Mu Sang Sa.

Nous avons terminé ce séjour par une troisième séance de méditation, en petit comité cette fois, et une discussion à propos du Dharma, les enseignements du bouddha, très enrichissante au cours de laquelle on a pu poser plein de questions.
Voici le portrait du Soen Sa Nim, le grand maître fondateur de Mu Sang Sa.

Nous avons terminé ce séjour par une troisième séance de méditation, en petit comité cette fois, et une discussion à propos du Dharma, les enseignements du bouddha, très enrichissante au cours de laquelle on a pu poser plein de questions.
Enfin après le dîner nous avons rejoint la capitale, riche de cette nouvelle expérience.
Mes impressions maintenant...
Je suis vraiment heureuse d’avoir partagé la vie de ces moines et nonnes, d’avoir pu leur parlé, en savoir un peu plus sur leur parcours, ce qui les a conduit à Mu Sang Sa, d’avoir vu et vécu dans un si bel endroit et d’avoir entendu des chants magnifiques.
Mais je me sens un peu frustrée d’avoir goûté à la pratique sans comprendre vraiment le sens de tout ça n’ayant pas beaucoup de connaissances sur le bouddhisme.
Ensuite j’avoue ne pas avoir apprécié la méditation avant la troisième séance, ou j’ai pu mieux me relaxer car nous n’étions pas beaucoup dans la salle réservée à cet effet.
Mais de manière générale je trouve ça vraiment douloureux et je ne suis pas cliente de cette philosophie visant à s’empêcher de penser. Je pense donc je suis. Mes pensées font de moi un être humain et me différencient des animaux. Mes pensées sont le reflet de l’être que je suis et je ne crois pas que les chasser me permettra de découvrir une quelconque vérité.
A propos des moines, j’ai rencontré des gens très heureux de faire découvrir leur mode de vie et leur foi aux autres et j’éprouve un respect profond pour ces personnes qui m’ont accueilli.
Je leur suis également reconnaissante de maintenir en vie ces traditions millénaires.
Cependant, je ne peux m’empêcher de trouver leur mode de vie reclu et cette fuite de la société qui les y a conduit un peu « facile ».
Et de la même façon que je ne pourrais jamais admirer les carmélites, ces sœurs catholiques qui s’enferment toute leur vie au carmel pour passer leur vie en prière dans la contemplation, je ne pourrais jamais admirer ses moines et nonnes qui font le choix de s’éloigner d’autrui tout en prêchant la paix à travers le monde sans y contribuer, si ce n’est en accueillant les candidats à la vie monastique.
Mais j’admets volontiers qu’il est ici question de foi et de vocation, une chose que je ne peux pas comprendre dans la mesure où je ne partage ni l'une ni l'autre.
Bref, pour conclure, je vous rassure : je ne vais pas me raser le crâne et je rentre bien en France à la fin de l’année universitaire! :)
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